histoire vitrail


UNE BRÈVE HISTOIRE DU VITRAIL

LES PREMIERS VITRAUX DU XIIe SIÈCLE

A partir du début du XIIe siècle, le vitrail connaît en France un développement considérable. S'ils sont généralement conservés dans les édifices, peu, pourtant sont restés à leurs emplacements d'origine, à l'exception de la verrière de la Crucifixion, au chevet de la cathédrale de Poitiers. D'autres ont été transformés, victimes du temps et des hommes. Des jalons essentiels manquent pour suivre l'évolution chronologique ou pour comprendre le rayonnement d'un atelier. On recense plus d'une vingtaine d'églises, sans compter les musées, où se trouvent des vitraux du XIIesiècle.
 
Aujourd'hui, la région qui apparaît la plus riche est l'Ouest de la France, avec trois centres principaux: Le Mans, Poitiers et Angers, dont l'activité s'étend sur plusieurs décennies. A la cathédrale du Mans, fait unique dans le vitrail français du XIIesiècle, on recense pas moins de sept ateliers, entre 1130-1140 et 1200. Mais ces vestiges ont beaucoup souffert pendant les Guerres de Religion et se trouvent actuellement rassemblés dans le fond de la nef romane.
 
La célèbre Ascension (1130-1140), œuvre majeure de la peinture romane, montre une autorité graphique et chromatique étonnante qui la rapproche des chefs-d’œuvre de la peinture murale comme la voûte de Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne) ou de la miniature, comme les enluminures du Sacramentaire de Limoges, aujourd'hui conservées à la Bibliothèque Nationale de Paris. Mais l'Ascension les dépasse par ses qualités expressives, par la tension formelle qu'elle recèle. La composition est incomplète (les figures du Christ et des anges ayant disparu), et évoque une peinture murale par son fond alternativement bleu et rouge sur lequel se détachent la Vierge et les apôtres.
 
Jusqu'à la fin du siècle, plusieurs ateliers vont se succéder au Mans. Certains suivent les traditions stylistiques de l'Ascension. Un autre se rattache au milieu des enlumineurs anglo-normands du Mont Saint-Michel. Un troisième trouve son inspiration dans la peinture du Val de Loire. Un quatrième est influencé par les nouveautés byzantinistes qui transforment les formes romanes après 1150. Un cinquième maître, responsable de la vie de Saint Etienne, exploite, en les dépassant, la manière des trois verrières de la façade occidentale de Chartres. Le Mans n'a sans doute pas été le seul centre français à recevoir des maîtres venus de régions voisines, mais il est le seul aujourd'hui qui en garde autant de traces.


 VITRAUX CISTERCIENS

Les statuts de l'ordre de Saint Bernard, fondés à la fin du XIe siècle, interdirent aux moines cisterciens de décorer leurs églises de vitraux peints et de couleurs, règle renouvelée plusieurs fois au cours du XIIe siècle. De cette prescription naquit un art du vitrail incolore et sans image, caractérisé par l'économie des moyens, mais multipliant les effets ornementaux à partir d'entrelacs et de motifs floraux. Peu d'exemples sont conservés en France, à Obazine (Corrèze), à La Bénissons-Dieu (Loire).
 
L’abbaye de l’Epau conserve des éléments de cette peinture dite en grisaille de l’art cistercien.
 
 La peinture est absente au tout début et c'est le jeu de la résille de plombs qui met en valeur les motifs végétaux ou géométriques.
 
Vers 1200, la peinture apparaît timidement. La fenêtre de couleurs était encore proscrite au XIVe siècle d'après les statuts, mais depuis de nombreuses décennies déjà, les cisterciens n'y obéissaient plus, d'autant que la verrière en grisaille claire, puis blanche, était devenue d'un usage courant partout. L’abbaye de l’Epau conserve des motifs de bordure de couleurs réalisés au XIVe siècle. Quant au terme verrière en grisaille, il signifie non seulement les fenêtres blanches employées par les cisterciens, mais aussi les fenêtres ornées de motifs décoratifs, le plus souvent floraux.  Ces fenêtres connaissent un grand développement au XIIIe siècle, non seulement dans les abbayes cisterciennes mais aussi dans les cathédrales ou dans de simples églises. Jusqu'aux années 1260, les motifs utilisés restent indéterminés ; après cette date, ces derniers commencent à imiter le vocabulaire botanique et copient la feuille de lierre, chêne... Cet emploi se généralisera au XIVe siècle et le jaune d'argent sera utilisé pour rehausser le graphisme. Le blanchiment des fenêtres après 1260 entraînera le développement des grisailles claires qui seront placées en bandeau c'est-à-dire s'intercalant entre des panneaux de pleine couleur réservés aux images (scènes ou figures).


 LES GRANDES SÉRIES GOTHIQUES DU XIIIe SIÈCLE

Dès le début du XIIIe siècle, le vitrail devient la technique artistique dominante et impose sa propre évolution à l'architecture. Grâce aux principes de construction gothique, on arrivera alors à réduire les surfaces murales pour les remplacer par de multiples baies, par transformer les oculis en de grandes roses. Progressivement la baie s'agrandit, se divise en lancettes séparées par des meneaux de plus en plus minces et surmontées par des rosaces aux formes compliquées. Ces modifications profitent au vitrail qui occupe les espaces libérés par les murs.

A cette époque, la cathédrale, élément dynamique du développement urbain, est à la fois le lieu de travail d'un grand nombre de corps de métiers et la représentation de la ville idéale appelée la Jérusalem céleste. De cette conception, découle l'esthétique du vitrail.

Sainte Chapelle, Paris
Il devient une cloison lumineuse et prend place à tous les niveaux de l'édifice: aux fenêtres basses du déambulatoire et des chapelles rayonnantes, à l'étage supérieur, puis, après 1230, au triforium et aux fenêtres hautes. En principe, à chaque étage correspond un programme iconographique déterminé qui tient compte des traditions propres de l'institution à l'origine de la construction et des dévotions de ceux qui en ont la charge (l'évêque et le chapitre). Comme les dépenses de construction d'un édifice dépassaient généralement de beaucoup les possibilités financières des commanditaires, ces derniers cherchaient des donateurs auprès des seigneurs et des corps de métiers. Bien souvent, ce sont ces donateurs qui nous restituent l'histoire de l'édifice grâce à leur offrande.
 

Donnateurs : Les vignerons
L'agrandissement des baies transforma la composition même des verrières. Au lieu d'un seul médaillon par registre, on multiplia les compartiments historiés en les groupant en des ensembles qui dessinent des étoiles. A la cathédrale du Mans sont groupés autour d'un médaillon central des compartiments aux formes diverses, réunis par de grosses broches appelées fermaillets. Entre ces compartiments, parfois assemblés par des barres de fer forgé à la forme des panneaux, se développent des jeux de fond à petite échelle ou mosaïque au décor d'abord floral, puis à partir du milieu du siècle au décor héraldique (fleurs de lys et châteaux de Castille).
Les bordures subissent des modifications et deviennent rapidement étroites et leurs motifs se simplifient avant d'accueillir au milieu du siècle un décor héraldique. Nous retrouvons cette forme de composition dans la verrière axiale de l’église de Vivoin.

Médaillons reliés par une grosse bordure, Cathédrale du Mans
A l'étage supérieur d’un grand édifice comme la cathédrale du Mans, c'est la formule déjà ancienne du personnage sous dais, réuni en cortège autour d'un Christ et d'une Vierge dans la baie axiale, qui connaît un essor considérable.
 

La formule va rapidement se compliquer, les figures vont se superposer par deux ou par trois, comme au chœur de la cathédrale du Mans. Les peintres verriers doivent s'en tenir à des effets d'ensemble, notamment dans le cas de figures placées très haut, l'œil ne pouvant sélectionner les mêmes détails que dans les fenêtres basses.

A partir des années 1260, la situation du vitrail en France va se modifier. Le vitrail  s'éclaircit puis blanchit sous l'effet de nouvelles conditions architecturales. Les édifices qu'on construit alors, proposent des espaces plus petits et plus unifiés.
 
Cette situation oblige le verrier à trouver d'autres solutions formelles, notamment en associant des panneaux de grisaille à des panneaux historiés ou figurés encore fortement colorés.


 LES INNOVATIONS TECHNIQUES AU XIVe SIÈCLE

Détails, Cathédrale du Mans
Le XIVe siècle marque un tournant décisif dans l'évolution du vitrail qui va atteindre un haut niveau formel. La verrière mixte du XIIIe siècle continue, mais se transforme considérablement en acceptant de nouveaux changements, par exemple comme à la cathédrale du Mans où à l’église d’Asnière sur Vègre par de larges bordures encadrant une nappe de motifs végétaux.
 
Une autre découverte sera celle de l’emploi du Jaune d’argent, c’est à dire de sels d’argent qui une fois cuit au four donne une couleur or. Cela va permettre aux artistes une plus grande invention des motifs sans avoir à séparer deux couleurs par un plomb qui était la règle jusqu’à cette invention.
 

Les dais architecturaux s'agrandissent de plus en plus, les parties réservées aux figures ou aux scènes se réduisent et modifient les formules iconographiques. Mais ce sont ces donateurs religieux ou laïques qui ont assuré le développement du vitrail en France au XIVesiècle relayant les rois et princes occupés par la guerre de Cent Ans.
Cathédrale d’Evreux
Le raffinement atteint aussi le décor qui en profite pour se renouveler. Un grand nombre de verrières conserve encore des décors héraldiques, entre lesquels s'intercalent des oiseaux et des animaux que l'on trouve aussi dans certains manuscrits parisiens.
 
La volonté de copier le réel s'y observe également dans les bordures et les fonds damassés sur lesquels se détachent scènes et figures créant un écran qui accentuent le caractère fantastique et précieux du vitrail.


 VITRAIL ET MÉCÉNAT AU XVe SIÈCLE

L'art du vitrail au XVe siècle continue, du moins dans les premières décennies, le style de celui du XlVesiècle.  Il cherche à se rapprocher de la peinture non translucide, alors technique dominante.

Grande Rose, Cathédrale du Mans
 
La grande œuvre du renouveau du vitrail français au XVe siècle se trouve dans la Grande Rose du transept nord de la cathédrale du Mans. Cette verrière est unique par son iconographie et par le traitement de la peinture sur verre qui servira de modèle dans cette première partie du XVe siècle.
 
Le mécénat favorise l’essor de la profession et permet à de nombreux artistes de se déplacer et de faire ainsi connaître leur art. Cette situation était facilitée par le jeu des alliances familiales des princes qui possédaient des terres et domaines dans des régions parfois très éloignées. La famille d’Anjou dont on peut voir la galerie des portraits au pied de la verrière de la Grande Rose de la cathédrale du Mans sera la source d’une grande création dans notre région. La circulation des artistes, des princes feront de ce siècle l’un des plus inventifs se continuant au XVIe siècle dans ce que nos appelons la Renaissance.

La fin de la guerre de Cent ans sera une période de richesse économique et de création comme témoigne la verrière de l’église de Sablé-sur-Sarthe, œuvre incontournable de l’histoire de l’art  français.

 
Jusqu’au milieu du XVe siècle les artistes peintres verriers suivaient dans leur composition l’encadrement de la pierre. Un artiste d’origine flamande que fit venir le célèbre argentier Jacques Cœur à la cathédrale de bourges, ne tint pas compte des meneaux en pierre de la baie pour faire un immense tableau. Nous retrouvons dans la verrière de Sablé-sur-Sarhe pour la scène centrale de la composition cet immense tableau.
Mais par l’influence de la peinture à l’huile  sur toile, par la diffusion des livres et des gravures l’art du vitrail pour la première fois dans cette verrière française va essayer de se rapprocher de la couleur chair des anatomies en utilisant une sanguine. La peinture sur verre se transforme en essayant d'approcher une représentation plus réaliste. L'exécution est devenue d'une grande virtuosité. Le papier commence à être utilisé comme support pour les cartons, permettant leur diffusion et facilitant leur copie.


 LES MAITRES ET ATELIERS DE LA RENAISSANCE

A la fin du XVe siècle, le vitrail opère en France un retour à la couleur et connaît jusqu'en 1560 un essor privilégié.  Près des deux tiers des vitraux conservés en France datent de cette époque.



Le vitrail sort de l'anonymat, des dynasties se forment comme à la Ferté-Bernard.  La profession est régie par des statuts d'une grande rigueur comme ceux imposés par le roi Charles VIII en 1496.
 
Certaines villes, deviennent de grands centres de production, travaillant pour les églises et châteaux alentour. Ces ateliers sont généralement dirigés par un maître venu parfois d'une autre région comme Courtois, d'abord actif à Sablé-sur-Sarthe et par la suite installé à la Ferté-Bernard. D'autres maîtres se déplacent à la recherche de commandes que nous retrouvons dans différents marchés de commandes en Sarthe.

 

De nouvelles découvertes techniques permettent aux maîtres verriers d'approfondir et de métamorphoser les effets du vitrail.  L'utilisation du diamant, toujours employé aujourd'hui, rend la coupe du verre spectaculaire demandant aux maîtres verriers une grande dextérité pour réaliser des incrustations ou mises "en chef-d’œuvre" dans des pièces.

 
A cette époque les ateliers connaissent toutes les possibilités de la gravure sur verre. Les peintres verriers savent jouer de l'art des pinceaux et moduler les effets de la peinture qui subit de profondes mutations.  La palette de la grisaille s'élargit. Chaque atelier a ses propres recettes, certains emploient la sanguine improprement nommée "Jean Cousin" du nom d'un peintre sénonais. Cette peinture, qui colore les tons chairs.


La pratique des émaux de couleur, commencée à la fin du XVe siècle, connaît des applications de mieux en mieux exécutées, notamment pour réaliser les paysages qui animent dès lors le fond des verrières encadrées par de vastes architectures à l'italienne.
 
Les nouveautés de la renaissance italienne pénètrent le vitrail, modifiant la composition même des verrières et leur décor. L'estampe devient le véhicule de l'inspiration des peintres. Les ateliers se fournissent dans des officines spécialisées. Les maîtres, au contraire, recherchent des modèles originaux pour que leur création dépasse celle de la peinture non translucide et ils font du vitrail l'expression privilégiée de la peinture du XVIe siècle.

Notre département possède une fabuleuse collection de verrières de cette période avec des chefs d’œuvre de la peinture sur verre. L’exemple de l’église Notre Dame des Marais à la Ferté-Bernard est l’un des témoignage les plus précieux de cette période où l’on peut même trouver des verrières peintes du début du XVIe siècle. Les ateliers qui vont se succéder durant ce siècle œuvreront sur tout le département même en dehors.
 
Mais si l’art du vitrail est le premier art au goût des Français, une autre mode va aussi apparaître dans les verrières des édifices par l’éclaircissement des vitraux.


 
Le premier exemple de cet éclaircissement se trouve en Sarthe à l’église de René. Cette cité a été construite par Jacques Hamelin, grand personnage de la cour de François 1er  et son premier aumônier. Il va rester attaché à sa cité et lors de l’un de ses séjours dans sa propriété de René, il fait reconstruire le chœur de l’église. La découverte a été de retrouver dans une verrière au-dessus de la porte de la sacristie un vitrail dans ses plombs d’origine, présentant comme ceux du chœur une bordure colorée au jaune d’argent avec des motifs renaissances encadrant une nappe centrale de losanges. Ces vitraux datés de 1537 sont les premiers témoignages français de l’éclaircissement des verrières. Les mécènes vont offrir pour les églises des retables, des tableaux… et pour permettre de les admirer vont demander le maximum de lumière. C’est aussi une période où par la diffusion des livres, la clarté des édifices va se modifier.
 
On continuera aussi à peindre avec des couleurs le plus clair possible comme le montre les verrières de l’église de Courgenard datées de 1559-1560.

Après 1560 l'art du vitrail allait subir une longue période de décadence sur plus de deux siècles.  Les guerres de religions et les difficultés économiques arrêtèrent de nombreux chantiers. Les artisans étaient généralement condamnés à exécuter des travaux d'entretien et de restauration à la suite des désastres causés par les guerres de religion notamment en 1562. Un grand nombre de verrières furent détruites et d'autres irrémédiablement mutilées et transformées. Certains ateliers connurent même des difficultés pour s'approvisionner en verre de couleur.
 
Une autre mode va aussi surgir des guerres de religions c’est l’art de l’armoirie où l’on préféra représenter ses blasons plutôt que des personnages. Nous retrouvons ces réalisations dans l’église de Beillé, haut fief de ses guerres de religions.


 XVIIe & XVIIIe SIÈCLES

Aux XVIIe et XVIIIesiècles on continue à faire des vitreries blanches rehaussées de bordures de couleurs, florales ou armoriées. Le département de la Sarthe par le développement de l’art du retable ouvrira ou transformera ces baies en y incorporant des vitreries claires aux motifs géométriques variés.
Eglise de Moncé en Saosnois
 
Les témoignages sont encore nombreux de ces vitraux géométriques et leur conservation est à privilégier. La moindre trace de ces verres anciens des XVIIe et XVIIIe siècles sont une archive de la transformation intérieure de l’édifice.

Pourtant, au XVIIIe siècle, le vitrail retrouva encore quelques adeptes à la peinture sur verre comme nous le retrouvons dans l’église de René.
Eglise de René
 
En 1774 Pierre Le Vieil, ami des encyclopédistes, publia "L'art de la peinture sur verre" où il décrivait, à l'aide de planches de dessin, les procédés des anciens maîtres verriers pour peindre le verre.  Un commerçant de Strasbourg, Jean-Alphonse Danekker qui perdit sa fortune pour retrouver les secrets de la peinture sur verre, adressa en 1764 au surintendant des Bâtiments du Roi une supplique pour réhabiliter l'art du vitrail. La réponse fut confiée à un artiste de renom : "A la vérité on ne fait plus usage de vitrail, parce que ni dans les appartements, ni même dans les églises, on ne veut plus rien qui puisse diminuer la lumière. Ainsi, quand il serait prouvé qu'il eut été perdu et qu'on l'eut retrouvé, on ne saurait qu'en faire".
 
A la fin du XVIIIe siècle, le vitrail en France semble devoir disparaître, d'autant que les destructions révolutionnaires furent très importantes. On démolit un grand nombre de verrières uniquement pour en récupérer le plomb.


 LE RENOUVEAU DU VITRAIL AU XIXe SIÈCLE

Dès le début du XIXe siècle, les autorités civiles et religieuses se préoccupèrent de réparer, c'est-à-dire de clôturer les vitraux détruits, tâches qui furent souvent confiées à d'autres corps de métiers, comme des couvreurs ou des maçons. La situation du vitrail français paraissait donc catastrophique, mais, dès le début du siècle, plusieurs savants, dont le chimiste Brongniart, se préoccupèrent d'en retrouver les secrets de fabrication.
 
Les premières tentatives furent malencontreuses et l'on fit appel à des chimistes, notamment à la Manufacture Royale de Sèvres. Ce fut l'un d'eux qui réalisa en 1816 le premier vitrail posé à Paris, à l'église Saint-Roch en prenant pour modèle la verrière de l’église de René.
 
La renaissance du vitrail en France ne débuta qu'en 1830, grâce à la fondation à la Manufacture Royale de Sèvres, d'un atelier de peinture sur verre qui resta actif jusqu'aux années 1855. Cette création donna une grande impulsion à la profession; les fabriques des vitraux s'ouvrirent un peu partout en France : celles d'Antoine Lusson et d'Henri Gérente au Mans, du premier atelier ecclésiastique fondé par les pères de Sainte Croix au Mans.

Mais l’histoire va commencer par la venue de Fialeix, peintre à la Manufacture Royale de Sèvres, à la demande de l’architecte diocésain Delarue.
 
L'histoire du Moyen-Age et l'art du vitrail sont à la mode depuis la publication en 1831 par Victor Hugo de Notre-Dame de Paris. Cette mode profite à la création d’ateliers et beaucoup de maîtres verriers deviennent amis d'archéologues et d'artistes, dont certains pratiquent même le vitrail, comme Eugène Hucher au Mans. C’est aussi le début des grandes campagnes de restaurations des vitraux dans les cathédrales ou dans les édifices comportant des belles collections.
 

Des polémiques éclataient souvent à propos de ces interventions jugées trop radicales, comme à l’église de Notre Dame des Marais à la Ferté Bernard par un nettoyage poussé utilisant de l'acide fluorhydrique, le grattage des pièces avec des brosses métalliques qui faisaient disparaître les anciennes restaurations. Néanmoins, sans ces travaux, beaucoup de ces vitraux ne seraient pas parvenus jusqu'à nous. Des peintres comme Ingres et des architectes comme Viollet-le-Duc fournirent des cartons. La création évolua entre deux pôles, d'une part le vitrail archéologique qui s'appuyait sur des modèles médiévaux généralement du XIIIe siècle, d'autre part le vitrail-tableau qui ignorait la division de la fenêtre par des meneaux comme au XVe et XVIe Siècles. Le plus célèbre vitrail archéologique qui a servi de référence nationale est la verrière de la Vie de la Vierge à l'église de la Couture au Mans.
Eglise Breuil-Bois-Robert
 
Les maîtres verriers prirent l'habitude d'exposer leurs productions dans des salons ou des expositions universelles, ce qui développa une certaine émulation auprès des commanditaires. Lors de l’inauguration de la ligne de chemin de fer Paris – Le Mans un vitrail de l’église de Saint Michel de Chavaigne fut exposé.
 
La Sarthe devint l’un des grands centre de production du vitrail en France avec des ateliers remarquables qui exportèrent dans le monde entier.
Le vitrail civil apparut tardivement en France, mais connut une vogue de plus en plus grandissante liée au changement de l'architecture civile. Il trouve une expression exceptionnelle au tournant du XXe siècle.


 LES NOUVEAUTES DU XXe SIÈCLE

Au début de ce siècle se créa à Nancy une "école" de maîtres verriers, dont Jacques Gruber fut le meilleur représentant.  Cette école s'opposa au vitrail "très peint" des maîtres du XIXe siècle et créa des compositions où le jeu de la coupe des verres et de la résille de plomb aboutissait à un renouvellement des effets du vitrail. L'utilisation des verres imprimés, associée à la technique de la gravure sur verre permit de supprimer en grande partie la peinture. Le fils d’Echivard installé au Mans réussit merveilleusement cette nouvelle expression et l’une des ses œuvres se trouve actuellement au musée d’art Moderne de New York et les autres sont au musée de Tessé.
 
A la suite de la Première Guerre Mondiale, des grands chantiers de restauration s'ouvrent en France grâce à l'action conjuguée du Service des Monuments Historiques et des autorités religieuses. Ces actions s'amplifièrent après le Seconde Guerre Mondiale.


Les transformations des modes de l'architecture religieuse contemporaine profitèrent au développement du vitrail et des dalles de verre.
 
Aujourd'hui en France, les tendances du vitrail sont multiples: vitraux abstraits, figuratifs, peints, non peints et la création se poursuit dans les nombreuses églises sarthoises.
 
Didier Alliou

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