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ACTUALITÉ créations et restaurations


Février 2013 : les vitraux de la mémoire


Février 2013 : les vitraux de la mémoire

St Martin de Conas : les vitraux de la mémoire

C'est une superbe église, tout près de Pézenas (34), dans le Hameau de Conas. Presque cachée, tout au bout du village, elle se tient, modeste, entre le château et le cimetière.

C'est un petit miracle d'équilibre, de sobriété. Une petite leçon de grande architecture qui est arrivée jusqu'à nous, sans grandes transformations, depuis le XII siècle : presque mille ans!

Et pendant neuf siècles, sous le signe de St Martin, elle a fait son travail silencieux d'église : accueillir les bébés, dire adieu aux morts, unir les adultes, abriter une once d'espoir, un brin d'illusion, un soupçon de mystère...

Des siècles durant, les registres paroissiaux ont enregistré baptêmes, sépultures et mariages, quelques rares faits exceptionnels, mais surtout la longue succession d'hommes et de femmes sans histoire dont la vie fut simple et parfois très dure.

une page des registres, en transparence


Leurs seules traces furent leurs noms gravés dans ces vénérables manuscrits et la campagne, sculptée à la force des bras par des générations de paysans.

Appelé à réaliser des vitraux de création pour ce petit chef d'œuvre rural, je me suis souvenu des pages fragiles, presque transparentes, des registres anciens que j'avais tenu entre mes mains avec émotion.

Saisir ces feuilles et ces noms, les présenter devant le soleil, inscrire ces mots essentiels de naître, aimer, mourir, dans le cadre des fenêtres, laisser les noms des oubliés revenir dans l'église sous forme de rayons, de couleur et d'ombre : tel a été mon projet d'artiste et de verrier pour les nouveaux vitraux de l'église de Conas.


Verrier depuis trente ans, ayant créé des vitraux pour des dizaines de lieux du patrimoine, dont beaucoup d'églises, j'ai pourtant éprouvé un attachement spécial pour ce lieu et cette réalisation.

D'abord parce que cette église contient un "je ne sais quoi" qui vous apaise et vous fait sentir meilleur. Mais surtout parce que c'est un privilège de travailler pour rendre hommage au pays dans lequel on a choisi de vivre depuis plus de vingt cinq ans.

Tout au long du projet, j'ai collaboré avec Laurence Bourgeois, artiste du livre, tout aussi impliquée que moi dans cette aventure passionnante. C'est elle qui a aussi ré-interprété, en peinture sur verre, les écritures qui parcourent les vitraux


Les onze vitraux posés, l'église a repris son chemin immobile, caressée par une lumière nouvelle qui offre aux visiteurs, un instant de paix et de méditation.


VOIR UNE VIDÉO DE CETTE CREATION 


                                                                                                                                   une création de Carlo Roccella©


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